Oyé oyé bonnes gens ! Après une âpre réflexion à propos du sujet de la semaine, le doute de pondre un aperçu d'un jeu non encore sortit à ce jour dont la démo est néanmoins disponible ou de rester sur la recette des tests vidéo-ludique, le nuage est dissipé ! C'est donc le second choix qui s'est imposé à moi. Dans un premier temps parce que le jeu en démo s'avère être un jeu de tir à la troisième personne... Et la plupart de mes sujets tournent autour de ce genre de titre. Non... Le titre dont je m’apprête à vous narrer les forces et les faiblesses est un jeu sur lequel ma belle a travaillé et qui revêt donc une certaine importance à mes yeux. Mais je saurais rester objectif, promis !
Parlons donc de Of Orcs and Men.
Of Orcs and Men est un Jeu de Rôle/Action/Stratégie sortit en octobre 2012, édité par Focus Home Interactive et Développé par Cyanide. Et là, qu'est ce que l'on crie ? COCORICO mes bons amis ! Car Cyanide, c'est un studio Français, bien de chez nous ! Alors on va se le soigner ce p'tit jeu, si si !
Le premier pari de oO&M est de prendre à contre pied les habitudes scénaristiques dédiées à l'univers vaste du fantastique. Dans le domaine de l'Heroic Fantasy, nous avons souvent été habitué à incarner des héros charismatiques sauvant des princesses, ou des elfes agiles en passant par des nains bourrus et costaud, ou bien encore des demi-hommes aux destins incroyables... Il y'eut cependant quelques exceptions, et je pense là à Overlord, ou Dungeon Keeper. Et bien notre titre de la semaine fait partie de cette minorité tout en tirant totalement son épingle du jeu... justement.
Qu'avez vous fracassé ou vu éparpiller dans la plupart des univers fantastique ? Quel est l'ennemi numéro 1 des chevaliers, des archers aux oreilles pointus et des petits-gros transporteurs d'anneaux uniques ? Les peaux-vertes pardi ! Les Orcs et les gobelins ! Et si cette fois ci, l'univers dans lequel vous vous plongiez prenait une tout autre tournure ? Et si les braves peaux-vertes étaient tyrannisés sous le joug d'une humanité despote qui mériterait bien qu'on lui en colle une ?
Le second pari, c'est d'avoir misé sur un duo, comme ces buddy-movies des années 90, vous allez incarner successivement et à votre guise un orc, Arkail et son complice, un gobelin nommé Styx. N'allez pas voir par là une possibilité de jeu en coopération, ni même en réseau sur les différentes plate-forme de jeux sur lesquelles oO&M a été édité. C'est un titre purement solo.
Bref...
Arkail est un orc donc... Un balaise, gros et vert orc. Si la puissance devait avoir une tronche, ce serait celle de ce brave barbare. Styx, quant à lui, est un gobelin. Petit, sournois et... vert aussi. La duplicité se lisant continuellement dans ses yeux et pourtant... N'allez pas juger ces deux gaillards sur leur physique (magnifiquement dessiné par le studio Spiders), car ils en ont vu de belles tout les deux, et il serait bon de les prendre en sympathie.
Of Orcs est un titre d'action aventure qui apparaît au départ comme tout à fait lambda, hormis son concept alléchant, les premières rues et couloirs que vous parcourrez vous paraîtront vite semblables les unes aux autres. Les niveaux s’enchaînent souvent sur une suite de découverte de lieux à embranchement unique, qui débouchent sur un combat. Les décors sont beaux, les intempéries sublimes, mais malgré le cachet artistique que dégage le jeu, impossible de ne pas se rendre compte de la redondance des situations. Néanmoins, certaines phases s'orienteront plus vers l'infiltration et plairont certainement aux amateurs du genre.
Mais oO&M ne prend pas le parti d'un monde ouvert, ni celui du choix du chemin que vous emprunterez, mais plutôt celui du duo incarné par nos deux héros. Arkail, comme dit plus haut, transpire le gros-billisme et nous le rend bien. Il frappe, encaisse, envoi bouler les plus téméraires des ennemis qui se présenteront face à lui. Sa capacité spéciale consiste à user de sa rage pour mieux encaisser/frapper plus fort/user d'attaques adaptées à tout type d'adversaire. La jauge représentant ce pouvoir se remplissant au fur et à mesure des coups qui lui tombent sur le râble. Celle ci peut augmenter très vite ! Et lorsque ça part totalement à l'ouest, alors la rage s'empare de notre gros orc... Dans tout les sens du terme.
Car Arkail faché, c'est un Arkail que l'on ne peut plus contrôler ! L'IA du jeu se l'accapare de suite, vous laissant seul avec Styx... Dès lors, l'orc frappe tout ce qui bouge, son pote compris. Il tue sans vergogne et sans retenue, allant jusqu'à craquer les colonnes des pauvres soldats humains qui oseraient se dresser en travers de son chemin sur son crâne. Si vous pensez pouvoir admirer sa fougue sans danger en contrôlant par défaut Styx, détrompez vous, car sans ennemis aux alentours, Arkail ira chercher le petit gobelin pour en faire de la charpie !
Il est bon de noter que le côté Jeu de Rôle de oO&M vous permettra de choisir l'orientation martiale d'Arkail entre la rage pure et le self-controle. Si l'un tend vers les dommages brute et la folie du sang chaud, l'autre permet d'encaisser comme un bon gros tank ce que l'ennemi tente contre votre duo. Du coup, si le jeu parle beaucoup d'Arkail, car il s'agit de son histoire majoritairement, c'est bel et bien Styx que vous allez incarner le plus souvent. Ce dernier possédant l'exclusivité de quelques phases de jeux infiltrations/espionnage/assassinat et le gros avantage de ne jamais échapper aux contrôle de votre manette si vous savez le maintenir en vie longtemps.
Styx est un fureteur, un gobelin voleur/charmeur/blagueur et j'en passe. Malgré le peu que l'on apprendra dans le titre de Cyanide, on se rendra vite compte que le compagnon d'Arkail n'est pas n'importe qui... Surtout au vu de ses congénères gobelins. Tandis que son pote Orc s'accapare l'attention de vos adversaires, Styx est capable de lancer des couteaux (potentiellement empoisonnés) et de disparaître soudainement de la vue de tout un chacun pour réapparaître dans le dos d'un pauvre ennemi non sans lui asséner deux bon coup de couteau bien vicieux.
Adepte de l'attaque du serpent à la donjons et dragons, Styx possède aussi une orientation qui pourrait ressembler à une sombre magie noire, prélevant le sang de l'adversaire pour s'en rendre ou les empoisonner dans un nuage toxique. Tout comme le choix entre Rage et Self Contrôle d'Arkail au cours du jeu, vous pourrez aussi choisir entre Roublard et sombre magie pour Styx.
Comme tout bon duo, il est évidement possible de faire interagir nos deux protagonistes entre eux. Par exemple lorsque Arkail, épuisé de l'une de ses rages finit par tomber sous les coups de survivants opportunistes, il sera toujours possible avec Styx de secouer le géant vert à l'aide de potions revitalisante. Mais la plus amusante de ces interactions reste à mes yeux le lancer de gobelin. Car oui... Cyanide ne pouvait pas passer à côté de cette perche tendue pour notre plus grand plaisir. Une fois la manœuvre enclenchée, Arkail attrape Styx, le hisse à hauteur d'épaule et le balance à la tronche de l'IA présente.
L'action, aussi marrante est-elle, est tout aussi utile, car non contente d'étourdir les ennemis sur lesquels Styx échoue, elle permet aussi de lui faire atteindre des endroits inaccessible pour le gros Orcs où, comme par hasard, une poignée d'archers ou d’arbalétriers vindicatifs.
Of Orcs and Men est donc l'histoire d'Arkail et Styx, et celle de la mission suicide que l'on leur confie. Le design des environnements et ceux des personnages, la lumière, la musique, les dialogues et l'intrigue sont tellement bien menée qu'on est vite prit dans l'aventure en espérant que ça ne cessera jamais. Le jeu se développe comme un excellent livre, dans un monde terrible contre lequel nos deux héros se heurtent sans cesse. Et lorsque la conclusion vient enfin, l'orc et le gobelin nous manquent déjà.
On vit oO&M comme un film, on a hâte de voir la vidéo suivante qui nous en apprendra plus sur les situations rocambolesques dans lesquelles les deux peaux vertes échouent. Et j'irai même jusqu'à croire que c'est là où souhaitait en venir le studio parisien. Un level design moyen, une durée de vie plutôt courte pour un jeu de rôle (comptez une vingtaine d'heure pour en venir à bout), une linéarité omniprésente, un jeu de rôle classique et même simpliste parfois. On regrettera, malgré l'attrait de l'affiche et les possibilités infinies que cela aurait pu offrir, que le jeu ne soit uniquement qu'en solo...
Mais on pardonnera. Car oO&M est une fable. Une histoire dont il me tarde d'en connaître la suite. Car après avoir suivit Arkail et Styx au long de leur aventure dans le monde sombre dépeint par Cyanide, je ne souhaite plus que les retrouver à nouveau, et à fracasser en leur compagnie ces vilains humains, elfes et nains qui traînent dans la boue le brave peuple des peaux-vertes.
Note : 4/5
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