
Snowpiercer, ou chronique du savoir-faire coréen avec des moyens hollywoodiens.
Ayant manqué ce film au cinéma, j’ai heureusement pu me rattrapé de cette ÉNORME boulette avec la sortie récente en Blu-Ray. Pourquoi une boulette ?
Snowpiercer reprend les bases de la bande dessinée française du même nom (Le Transperceneige) par Jacques Lob et Jean-Marc Rochette, c’est-à-dire l’histoire des derniers hommes de l’Humanité enfermé dans un train qui les empêche de sombrer dans l’ère glaciaire que subit le monde entier. Mais comme dans tout microcosme, la société engendre les inégalités, et lorsque les hommes de queue (ce n’est pas sale) qui sont considérés comme du bétail et/ou des sous-hommes décident de se rebeller en partant à l’assaut de la tête du train où vit la grande société et surtout où tout est contrôlé, cela ne se fait pas sans pertes. Une véritable guerre dans un huis clos pour le moins original.

J’ai également vu le même jour 47 Ronin au cinéma, et la comparaison n’est pas flatteuse pour ce dernier. Là où Rinsch s’évertue à faire un film à l’américaine en sous-exploitant son casting japonais de talent en faisant un film banal (et tourné en anglais ce qui pousse à crier à l’hérésie) Bong Joon-ho met tout son talent et son savoir-faire au service des acteurs qu’il dirige. S’il connait bien Song Kang-ho (toujours aussi taré) et Ko Ah-sung qu’il a mis en scène dans le film coréen The Host (à voir également), les personnages incarnés par Tilda Swinton (excellente), Jamie Bell, John Hurt ou encore Alison Pill en institutrice complètement barrée. Et que dire de Chris Evans dans le rôle principal ! S’il sera forcément plus reconnu par son costume de Captain America, Curtis est à mon sens bien plus profond, bien plus torturé, bien plus tout court. Mais c’est un film d’anticipation, il n’aura donc aucune reconnaissance pour cela…


Bong Joon-ho s’applique à garder les codes qui ont fait ses succès. Parfois drôles, parfois insoutenables de cruauté, le film oscille à chaque instant entre l’absurde et la souffrance de la situation dans laquelle se trouve tout ce petit monde. Cela donne au film une réelle identité, une alchimie parfaite pour donner vie à l’univers de la bande dessinée. Les effets spéciaux s’intégrant sans trop en faire au film, le spectateur est littéralement enfermé dans ce train à grande vitesse, prenant totalement part à la guerre des tranchées qui s’organise.
Pas loin d’être mon film de l’année, cela fait du bien de voir du renouveau dans les films de science-fiction. Bref, voyez ce film, et kiffez ☺♪

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